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Comment fonctionne le système des castes en Inde ?

Crédits : Pixabay

Alors qu’une nouvelle forme de militantisme surgit en Inde, où la caste des Intouchables se livre une « guerre des moustaches » en se laissant pousser la barbe pour conquérir des droits, vous vous demandez peut-être ce que le terme « caste » représente ? Ou, encore, si ce système ne devait pas être aboli ? Nous vous donnons les clefs pour comprendre.

Issu du terme portugais « casta » qui signifie « race » ou « lignage », le système de castes est basé sur l’idéologie de l’inégalité des Hommes et se trouve, aujourd’hui encore, au cœur de la société indienne. Il s’agit d’un système complexe qui divise la société en plusieurs groupes hiérarchisés, où chaque individu se trouve affilié à l’un de ces groupes dès sa naissance. Il tire ses origines de l’Histoire religieuse indienne mais a également été influencé par le développement social et économique engendré lors de l’époque coloniale.

Méconnues en France et en Occident, elles sont souvent considérées (à tort) comme abolies. Elles font néanmoins toujours parler d’elles.

1) Une division quadripartite de la société

Alors que la société indienne, se basant sur les textes fondateurs de l’hindouisme, stipule que les « Hommes naissent et demeurent inégaux », une division de la société indienne est réalisée en varna, en quatre parties, qui sert de base à l’élaboration des castes. Au sommet de ce système hiérarchique : les brahmanes (les prêtres) ; ensuite : les kshatriyas (les guerriers) ; suivis par les vaishyas (les commerçants) ; et, enfin, tout au bas de cette échelle sociale : les sudra (le reste de la population, excepté les intouchables). Les intouchables sont exclus de cette société puisqu’ils exercent des métiers dits « impurs » ou « dégradants », comme ceux qui sont en contact direct avec le sang (sage-femme, boucher, chasseurs…) ou encore les mendiants.

Ce classement se mesure en fonction du degré de pureté et d’impureté. Ainsi, un brahmane, religieux, intellectuel et végétarien, est plus pur qu’un khatriyas, puisque ce dernier mange de la viande, se bat.

2) Un système d’interdépendance 

Chacune des quatre castes a besoin des autres pour se maintenir en vie, on parle d’un système d’interdépendance. Néanmoins, dans la réalité, les Indiens ne se définissent pas par rapport à ces castes telles que définies plus haut, ils parlent plutôt d’espèces (jati) — que l’on peut appréhender comme des « sous-castes » — telles que les castes de prêtres, de guerriers, etc.

A noter que toutes les castes ne sont pas répandues dans toutes les parties de l’Inde, tout comme il existe des castes spécifiques à certaines régions.

3) Une transmission héréditaire

Comme nous le mentionnons, l’idéologie de ce système affirme que les Hommes sont fondamentalement inégaux. Une caste est rattachée à chaque individu dès sa naissance, il s’agit de sa caste de naissance, on parle alors d’un système héréditaire. On naît dans une certaine caste et on ne pourra en changer. A chaque caste est attribuée une tâche, le devoir de chacun est de l’accomplir.

L’endogamie est ainsi préférée. Les Indiens se marient entre personnes de la même caste, voire de la même sous-caste.

Néanmoins, une évolution de ce système d’hérédité a été observée ces dernières années. Un individu assigné à une caste, et donc logiquement à un métier spécifique, ne réalisera pas forcément le métier attribué. « Il n’existe pas d’adéquation radicale entre le métier et la caste ». Cette évolution a ainsi bouleversé l’interdépendance des castes et leur hiérarchisation.

4) Pour quels effets sur l’Inde contemporaine ?

Ce système de castes, malgré son interdiction par la constitution indienne, continue ses affaires discriminantes envers les castes inférieures. De plus, et généralement, les classes dominantes vivent dans le centre, tandis que les plus basses vivent en périphérie. Cela limite ainsi le mélange de castes. À cela s’ajoute la recrudescence de la violence liée à ce système (peu de rapports sur ces faits). On relève toutefois que, selon un rapport de l’ONU datant de 2005, il y a eu plus de 31 000 actes violents commis contre les Dalits en 1996.

Depuis l’indépendance de l’Inde, plusieurs états ont pris le problème à bras le corps, développant des politiques qui ne tiennent plus compte des castes et qui favorisent la mobilité sociale. Dans une optique de discrimination positive, incluant la mise en place de quotas pour les membres des castes basses, ces dernières ont été renommées en castes défavorisées. Des quotas qui sont d’ailleurs sources d’émeutes aujourd’hui, puisque malgré cela près d’une personne sur quatre vit avec moins de 1,25 dollar par jour en Inde et que le pays est confronté à des problèmes de chômage et de sous-emplois.

Sources : LepointEuronewsLafrancoindienne 

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