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L’homéopathie : un simple effet placebo ?

Crédits : iStock

Alors que onze vaccins seront obligatoires pour les bébés à partir du 1er janvier 2018 en France, dans un climat de défiance, un nouveau rapport de l’Académie des sciences européenne stigmatise l’homéopathie. Pourtant, en plus de séduire 56 % des Français, selon un sondage Ispos de 2012 pour les laboratoires Boiron, l’homéopathie est reconnue par l’Ordre des médecins et enseignée dans certaines universités françaises. Est-elle pourtant réellement efficace ? Se repose-t-elle simplement sur l’effet placebo ?

En septembre dernier, le Conseil des académies des sciences européen (EASAC) a publié un retour critique au sujet des produits et des pratiques homéopathiques en se basant sur les études scientifiques développées à ce sujet. L’homéopathie serait basée sur un principe « non plausible et inconsistant ». L’homéopathie serait, toujours selon l’EASAC, portée possiblement par un effet placebo, tout en affirmant qu’il n’existe « aucune maladie pour laquelle une preuve solide et reproductible démontre l’efficacité de l’homéopathie au-delà de l’effet placebo ». L’Académie de médecine française la jugeant également « obsolète » demande même son déremboursement total.

En 2015, le Conseil national australien pour la santé et la recherche médicale (NHMRC) arrivait à la même conclusion après avoir analysé 225 études ayant testé les effets de l’homéopathie. Selon le NHMRC, « l’homéopathie ne devrait pas être utilisée pour traiter les maladies chroniques sérieuses, ou qui risquent de le devenir ». On se rappelle alors le cas d’un enfant de 7 ans décédé en mai 2017 d’une otite après avoir été soigné uniquement par homéopathie.

Alors que la majorité des scientifiques rejettent son utilisation à des fins curatives, ils reconnaissent également le pouvoir de l’effet placebo. Ils pourraient d’ailleurs s’en inspirer dans leur relation avec les patients. Le bénéfice d’un traitement peut ainsi perdre de son efficacité en fonction de cet accompagnement, il ne faut pas le négliger, ne pas sous-estimer l’importance de la relation médecin-patient. Cela pourrait encourager les individus à s’éloigner de la médecine traditionnelle pour avoir exclusivement recours à des pratiques alternatives, telles que l’homéopathie tant décriée par les spécialistes.

A noter que malgré toutes les conclusions des scientifiques et les retours sur de malheureuses expériences, le niveau de confiance des Français dans l’homéopathie a atteint 73 % en 2016 (+ 2 % par rapport à 2015) et a ainsi dépassé leur confiance dans les vaccins (69 %, -2 %), selon un sondage Ipsos.

Sources : Lefigaro ; PasseportSanté ; Slate ;