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Pourquoi a-t-on peur des araignées?

Crédits : Pixabay / Stelogic

Souvent pas plus grandes qu’un grain de riz et fréquemment inoffensives pour l’Homme, les araignées sont pourtant source de panique chez 40 % d’entre nous. Comment s’explique cette phobie ? D’où provient-elle ?

La peur des araignées nous dépasse réellement. Selon une étude publiée dans la revue Frontiers in Psychology, elle nous vient de nos ancêtres. Tout comme la phobie des serpents, elle serait héréditaire. Les chercheurs allemands, autrichiens et suédois au cœur de cette étude ont pu le constater grâce à la mesure de l’état de stress de bébés de 6 mois face à deux séries d’images ; une première série qui alternait des images de fleurs et d’araignées de la même couleur et de la même taille, la seconde qui mélangeait des poissons et des serpents.

Les résultats sont frappants. Les pupilles des bébés se dilataient cinq fois plus à la vue des images d’araignées, en comparaison avec celles de fleurs. La neuroscientifique à l’Institut Max Planck de Leipzig, Stefanie Hoehl, une des scientifiques de l’étude, explique qu’« à lumière constante, le changement de la taille de la pupille est un important signal d’activation du système nerveux sympathique, qui est responsable des réactions de stress. Conclusion, les plus jeunes enfants sont bien stressés par ces animaux. »

Et cette peur serait « très clairement héréditaire » puisqu’à 6 mois, selon les chercheurs, les bébés n’auraient pas pu acquérir la notion de danger vis-à-vis de ces espèces. D’autres recherches avaient révélé que lors de la confrontation des bébés avec des images de mammifères dangereux, tels que les ours blancs ou les rhinocéros, leurs pupilles n’étaient pas autant dilatées. Ceci s’expliquerait par une connaissance plus importante des araignées, les humains ayant côtoyé ces invertébrés pendant 40 à 60 millions d’années, notamment à une période où elles étaient très menaçantes.

Mais alors, comment se soigner de cette phobie ? Lorsque la peur est « irraisonnée » et « incohérente », on parle de phobie et cela peut devenir réellement handicapant. La psychothérapeute Manuela Tomba précise qu’elle génère de l’anxiété, qui altère la respiration et dérègle le système neuro-végétatif. Les conséquences possibles sont la tachycardie, les vertiges, maux de ventre, crises de panique, voire des vomissements ou des évanouissements. Pour s’en débarrasser, il existe des thérapies cognitivo-comportementales. La psychologue clinicienne, Déna Ollivier, explique que c’est « l’appréhension de la situation qui provoque la panique », pour traiter le patient il faudrait alors lui prouver qu’il n’y a pas de danger, en le désensibilisant progressivement (comme pour les allergies). Cette technique permettrait de se débarrasser de ses angoisses en 10 à 15 séances.

Sources : psychologies ; caminteresse ;