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Pourquoi la mer est-elle salée ?

Crédits : iStock

Pourquoi la mer n’est-elle pas douce ? Une question qui peut sembler naïve mais qui apporte de surprenantes réponses, à commencer par celle-ci : à l’origine, d’après Bertrand Chapron, chercheur à l’Ifremer et responsable de l’équipe de recherche Océanographie spatiale et Interface aire-mer, aucune eau n’était salée sur Terre. Étonnant n’est-ce pas ? Mais que s’est-il alors passé ?

L’eau douce en pleine mer existait avant « le grand lessivage des roches ». Le scientifique nous explique que « lors de la déglaciation de la Terre il y a plusieurs milliards d’années, des pluies intenses sont venues frapper les roches, arrachant leurs composants – et notamment leur sel – qui ont ruisselé jusqu’aux mers et aux océans ». Tout s’est alors joué il y a 4 milliards d’années, lorsque notre planète était remplie de volcans libérant dans l’atmosphère de la vapeur d’eau et de nombreux gaz (notamment du chlore et du soufre). Quelques centaines de millions d’années plus tard, lorsque les océans se formèrent, notamment par condensation d’une partie de la vapeur d’eau générée par la création de notre planète, ces gaz se sont mélangés aux océans sous forme de sulfate, formant des « pluies acides ». Les roches étaient alors très riches en sels minéraux, l’eau « acide » en a alors détaché de fines particules.

La mer devint ainsi salée, mais seulement à 78 %. Les autres ions restants (sodium, calcium, potassium et magnésium) ont été incorporés au fil du temps par l’érosion des roches « silicatées » de la croûte continentale. Une action qui se poursuit d’ailleurs encore aujourd’hui.

Salée donc, et pas qu’un peu ! L’évolution a été importante puisqu’aujourd’hui quelque 49 millions de milliards de tonnes de sel sont dissous dans les océans (soit un équivalent d’une couche de 45 mètres d’épaisseur). Mais, le sel continuant d’être apporté quotidiennement, comment la salinité des eaux peut-être rester régulière depuis 450 millions d’années ? Tout simplement par un système de compensation entre apports et pertes. Le potassium est, en effet, absorbé par les argiles (en abondance au fond des océans) alors que « le calcium est utilisé par les organismes marins avant de former des sédiments calcaires ». De leurs côtés, le magnésium et le sodium restent bloqués au niveau des dorsales océaniques. 

Mais pourquoi les eaux des rivières n’ont-elles pas connu la même évolution ? Le scientifique Bertrand Chapron nous explique qu’elles le sont finalement aussi mais en moindre intensité, étant alimentées par les eaux de pluies (non salées) et ruisselant sur des roches déjà lissées sur lesquelles aucun élément ne peut plus s’arracher.

Maintenant vous le savez.

Sources : 20minutes ; Sciencesetvie ; SciencesJunior