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Pourquoi les avocats portent-ils des robes ?

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La robe d’avocat est un costume professionnel dont le port a été rendu obligatoire par la loi 71-1130 du 31 décembre 1971. Il est des règles parfois intrigantes, dont fait partie celle-ci. On est alors en droit de se demander d’où vient cette pratique réglementaire ? Voici quelques explications historiques sur le costume du plaideur.

La robe d’avocat était initialement une soutane religieuse. En effet, aux prémisses, les avocats étaient principalement des membres du clergé qui, lorsqu’ils plaidaient, portaient une soutane de couleur noire. Alors que cette origine religieuse est désormais lointaine, la robe a néanmoins conservé les 33 boutons symbolisant l’âge du Christ à sa mort. La robe comme signe distinctif des Hommes de loi existe ainsi depuis le XIIIe siècle.

Aujourd’hui symbole public d’autorité en matière de justice, elle assure une « égalité d’apparence » entre les membres du barreau. Son fondement légal reste récent puisqu’il est inscrit dans l’article 3 de la loi 71-1130 du 31 décembre 1971 : « Les avocats sont des auxiliaires de justice, qu’ils prêtent serment en ces termes : Je jure, comme avocat, d’exercer mes fonctions avec dignité, conscience, indépendance, probité et humanité. Et, qu’ils revêtent dans l’exercice de leurs fonctions judiciaires le costume de leur profession. » Et seulement pendant l’exercice de ces fonctions, ou lors de manifestations particulières (prestations de serment, enterrement d’un confrère). Il est strictement interdit de rentrer chez soi en la portant.

On remarquera que malgré le rappel des 33 boutons et la conservation de la couleur des soutanes, la robe a évolué au fil des ans. Aujourd’hui, la traîne — symbole de puissance qui impliquait une prise de distance avec l’Homme de loi au Moyen-âge — est repliée, par souci de modestie (sauf pour les enterrements de confrère). Au lendemain de la Révolution française, le port du costume, assimilé au pouvoir royal, fut supprimé. Il sera ensuite rétabli sous Napoléon. Depuis 1971, l’habit de l’avocat comprend une robe, les 33 boutons, un rabat blanc, une épitoge auxquels on peut ajouter un nœud papillon blanc ou des gants blancs, en cas d’événements solennels.

Une particularité sur cet habit distingue les avocats parisiens des autres, comme le port d’une épitoge (bande de tissu portée sur le dessus de la toge) dépourvue d’hermine/de lapin (on parle d’épitoge « veuve »). Cette coutume serait le symbole du deuil de Malesherbes, un des avocats de Louis XVI qui fut guillotiné pour avoir défendu son client.

Fabrications minutieusement faites main et réalisées sur mesure, elles sont aujourd’hui modernisées, personnalisées (en doublant l’intérieur, en utilisant différentes matières, en les brodant, etc.) pour un prix compris entre 900 et 3 000 euros.

Sources : BarreauLyon ; Lepoint