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On s’obstime tous à croire que le soleil d’août suffit, alors qu’un Français sur deux ressort de l’été avec le même manque

Un coup de soleil qui vire au joli hâle, des journées à rallonge passées en terrasse ou à la plage : l’été laisse penser que le corps a fait le plein pour de longs mois. Pourtant, dès que les premiers frimas pointent, un Français sur deux se retrouve en déficit de vitamine D. Ce paradoxe, aussi étonnant que méconnu, mérite qu’on s’y attarde avant que l’automne ne referme la parenthèse ensoleillée.

Chaque année, le même scénario se répète. On profite du soleil d’août avec la certitude d’avoir fait des réserves suffisantes pour affronter les mois plus sombres. Et pourtant, dès les premières semaines d’automne, la fatigue s’installe, le moral vacille, et les prises de sang révèlent souvent une carence bien installée. Comment expliquer que même les amateurs de bronzage les plus assidus ne soient pas à l’abri ? La réponse tient en plusieurs facteurs, souvent ignorés, qui viennent bousculer les idées reçues sur notre rapport au soleil.

Le piège du bronzage : pourquoi le soleil d’août ne suffit pas

La vitamine D se synthétise principalement grâce aux rayons UVB, qui déclenchent une réaction chimique au niveau de la peau. Mais ces rayons ne sont efficaces que sous certaines conditions précises : un angle d’incidence suffisant, une exposition directe sans écran, et une durée réelle assez longue. Or, en plein été, beaucoup limitent volontairement leur temps au soleil aux heures les moins chaudes, appliquent des crèmes solaires à indice élevé dès les premières minutes, ou passent une grande partie de leurs journées climatisées, à l’abri dans des bureaux ou des habitations fermées. Résultat, l’exposition réelle aux UVB est souvent bien plus courte qu’on ne l’imagine. Ajoutez à cela le fait que les réserves constituées en été s’épuisent progressivement au fil des semaines, et l’on comprend pourquoi, dès l’automne, le corps se retrouve à nouveau en manque. Le bronzage, aussi flatteur soit-il, n’est donc pas un gage de bonne santé osseuse et immunitaire pour toute l’année.

Dans l’assiette, le grand absent : une alimentation qui ne compense pas

Face à cette lacune solaire, on pourrait espérer que l’alimentation vienne combler le déficit. Malheureusement, très peu d’aliments contiennent naturellement de la vitamine D en quantité suffisante. Les poissons gras comme le saumon, le maquereau ou les sardines figurent parmi les meilleures sources, tout comme les œufs, en particulier le jaune, ou certains produits laitiers enrichis que l’on trouve de plus en plus dans les rayons. Mais ces apports restent modestes comparés aux besoins quotidiens de l’organisme. Il faudrait consommer ces aliments de façon très régulière, presque quotidiennement, pour espérer approcher les recommandations, ce qui est rarement le cas dans une alimentation classique. Ce déséquilibre explique en grande partie pourquoi, même chez les personnes attentives à leur régime alimentaire, la carence en vitamine D reste fréquente, surtout lorsque le soleil se fait plus discret.

Peau, âge et poids : ces facteurs qui creusent les inégalités face à la carence

Au-delà du soleil et de l’assiette, certains facteurs individuels aggravent encore le risque de carence. La pigmentation de la peau joue un rôle non négligeable : plus elle est foncée, plus la synthèse de vitamine D nécessite une exposition longue pour produire les mêmes effets. Le vieillissement cutané réduit lui aussi la capacité de la peau à fabriquer cette vitamine, ce qui explique pourquoi les seniors sont particulièrement concernés par ce phénomène. Enfin, le surpoids complique encore la donne, la vitamine D ayant tendance à se stocker dans les tissus graisseux plutôt que de circuler dans le sang où elle est utile. Ainsi, la carence en vitamine D est fréquente surtout à cause du manque d’exposition aux UVB, d’une alimentation qui en apporte peu et de facteurs individuels comme l’âge, la pigmentation de la peau ou le surpoids. Face à ce constat, quelques habitudes simples peuvent aider à limiter les dégâts : privilégier de courtes expositions solaires sans crème lors des heures les moins agressives, surveiller son alimentation en intégrant plus régulièrement des poissons gras ou des œufs, et envisager, en accord avec un professionnel de santé, une supplémentation adaptée dès les premiers signes de fatigue ou de baisse de moral à l’approche de l’hiver.

Le soleil d’été, aussi généreux soit-il, ne suffit donc pas à protéger durablement contre la carence en vitamine D. Entre exposition insuffisante, alimentation limitée et facteurs individuels, les raisons de ce déficit persistant sont multiples et bien réelles. Alors que l’automne approche à grands pas, peut-être est-il temps de revoir ses habitudes plutôt que de compter uniquement sur les derniers rayons d’août pour tenir toute l’année.

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