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Qui était l’espionne Mata Hari ?

À la fin de la Première Guerre mondiale, une femme a été utilisée comme bouc émissaire pour expliquer les défaites de la France et calmer les soldats : Mata Hari. Encore aujourd’hui, on ne peut pas vraiment prouver quel a été son rôle exact durant le conflit. En effet, tout ce que nous avons pour retracer de son parcours aujourd’hui provient des rapports des différents officiers qui ont été présentés pendant son procès… de 3 jours.

Qui était Mata Hari avant d’être une espionne ?

Mata Hari, de son vrai nom Margaretha Geertruida Zelle, est née aux Pays-Bas. De nationalité néerlandaise, elle passera une partie de son enfance avec sa famille. Mais son père fait faillite et sa mère meurt quand elle est enfant. Elle est alors envoyée par l’un de ses oncles en pensionnat. Au fur et à mesure de ces années, Margaretha se destine à devenir institutrice. Mais elle ne finira jamais sa formation à cause d’un scandale qui expose une liaison entre elle et le directeur de l’institut.

À 18 ans, elle répond à une annonce matrimoniale, et se marie à un officier de la marine néerlandaise : Rudolf MacLeod. Celui-ci est de 19 ans son aîné. Il l’emmène vivre sur l’île de Java où elle intégrera la culture du lieu, s’habillant et apprenant à danser là-bas. Avec son époux, elle aura deux enfants, un fils et une fille. Les deux enfants vont souffrir d’un empoisonnement et le jeune fils – alors âgé de trois ans – meurt.

portrait mata hari

Elle revient en Europe au début du XXe siècle. Elle divorce alors de son mari, car il est alcoolique et violent. Bien qu’elle obtienne la garde de sa fille, Rudolf MacLeod va enlever cette dernière, et Margaretha ne la reverra pas.

Margaretha Geertruida Zelle arrive à Paris en 1903, à l’âge de 27 ans. Elle ne connaît que très peu de monde, et pour survivre, elle devient courtisane. Début 1905, elle rejoint un spectacle. Très vite, avec ses 1m75, sa peau mate et ses cheveux de jais, la jeune femme rejoint les danseuses. Margaretha s’invente alors un personnage : Mata Hari, d’origine javanaise, à qui des prêtres ont appris une série de danses et de rites pour respecter les dieux. Cette année-là, le spectacle est un triomphe. Mata Hari y est officiellement danseuse érotique. Mais son numéro consiste en réalité à se déshabiller langoureusement devant les spectateurs. La danseuse a eu plusieurs amants durant cette période, notamment un officier allemand : Alfred Kiepert. Pour lui, elle arrête le spectacle et part vivre à Berlin.

Mais l’histoire d’amour prend fin, et Mata Hari peine à redémarrer sa carrière. De là, on sait qu’elle séjourne en France avant de retourner aux Pays-Bas. Au fur et à mesure du temps, ses économies s’amenuisent, et la jeune femme est désormais endettée. En 1915, le Consul allemand Carl H. Cramer lui rend visite…

Mata Hari, danseuse devenue espionne

À partir de ce moment, il devient très compliqué de suivre la vie de Mata Hari. En effet, dans le monde des espions, il est difficile d’avoir des certitudes.

En 1915, elle est une femme d’exception. Elle a des relations haut placées à l’international et parle plusieurs langues. Tout va alors s’enchaîner très vite. De retour à Paris pour les Allemands, Mata Hari tombe amoureuse d’un jeune homme. Malheureusement, celui-ci part au front et est blessé. Il est soigné près du front et la jeune femme ne peut le rejoindre à moins d’obtenir un laissez-passer.

Pour se le procurer, la jeune femme rencontre Georges Ladoux, qui est alors capitaine au contre-espionnage français. Qu’il soit au courant ou non de son activité d’espionne pour les Allemands, il lui aurait fait une offre similaire à celle du Consul allemand peu de temps auparavant. Elle l’aurait acceptée, désireuse de retrouver sa fortune passée.

Mata Hari voyage désormais dans les différents pays restés neutres durant le conflit. En 1917, un soldat allemand stationné à Madrid – le major Kalle – transmet un message qui est intercepté par les Français. Dans celui-ci, le major évoque un espion allemand, l’agent H-21. Par chance, les Français connaissaient le code utilisé dans ce message, ils ont donc pu le traduire. Mais deux choses sont étranges :

  • Le message contenait toutes les informations nécessaires pour identifier H-21
  • Le code n’était plus utilisé car les Allemands savaient que les Français l’avaient percé à jour.

À son retour en France près de son amant en 1917, Mata Hari est étroitement surveillée par les Français. Il s’ensuit une perquisition dans son appartement. Aucune preuve concrète n’est saisie, mais un contraceptif et un autre produit sont retrouvés. Mis ensemble, ces deux substances permettent de fabriquer de l’encre sympathique. De plus, des télégrammes codés sont retrouvés : ils attestent que le Consul allemand lui a versé de l’argent. Elle affirmera que c’était pour ses faveurs, les juges diront que c’était pour des informations. Elle est exécutée le 15 octobre 1917 par un peloton d’exécution.

Aujourd’hui, on ne sait pas vraiment si Mata Hari était une espionne ou une femme désespérée qui avait besoin d’argent. Au fil des années, des informations ont resurgi, laissant entendre qu’elle avait bien vendu des renseignements aux Allemands. La pertinence des informations transmises n’a par contre pas été prouvée.

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