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The Falling Man : l’histoire derrière une des photos les plus célèbres du 11 septembre 2001

Crédits : Capture YouTube / TIME - Photographie de Richard Drew

Les théories du complot et autres tergiversations plus ou moins alambiquées nous font parfois oublier que familles comme victimes ont largement souffert de cet attentat sans précédent qui a ouvert le début de ce siècle. Et parmi les images tristement célèbres de cette tragédie figure celle du Falling Man – littéralement l’homme qui tombe. Le fait que cet homme soit pendant longtemps resté non identifié a fait de lui un véritable symbole des personnes piégées dans les tours avant qu’elles ne s’effondrent. 

Un choc au retentissement mondial

Internet fourmille d’articles et autres vidéos qui détaillent et décortiquent minute par minute la catastrophe. À l’aube du numérique, et en raison de l’importance croissante des médias ou encore de la mondialisation de l’information, il n’aura pas fallu longtemps avant que les images ne fassent le tour du monde. Tout est alors retransmis en simultané, sous les yeux médusés du monde entier. Si l’on garde de nombreuses photos en tête suite à cette journée, il en est une qui a particulièrement marqué les esprits : The Falling Man.

La fumée et les incendies provoqués par les deux chocs successifs des avions piègent une multitude de personnes dans les quelque 110 étages de chacun des bâtiments. Sûrs de leur fin prochaine, certain·e·s font alors le choix d’aller au-devant de la mort en sautant dans le vide. Il y aurait eu environ 200 personnes préférant sauter plutôt que de périr dans les incendies. C’est le cas de cet homme, qui figurera parmi les plus de 2700 victimes recensées.

ground zero 11 septembre 2001
Ground zero, le lieu où se dressaient auparavant les Twin Towers, le 17 septembre 2001. Crédits : Flickr/slagheap

Une photo emblématique du 11 septembre

Son geste désespéré a été immortalisé par le photographe Richard Drew, travaillant à l’époque pour Associated Press. Il raconte être arrivé au pied des immeubles après que le second avion ait percuté la tour sud, et avoir commencé à prendre des photos de pompiers et des tours en fumée. Il s’est ensuite concentré sur les personnes qui sautaient dans le vide. Ce n’est que lorsqu’il met les photos sur son ordinateur qu’il remarque celle qui nous intéresse aujourd’hui.

Dès le lendemain, celui qui sera surnommé The Falling Man fait la une du New York Times et de nombreux autres journaux, et devient un symbole fort. C’est un des seuls clichés sur lesquels on peur voir une victime de cet événement, ce qui a parfois amené à la considérer comme inappropriée et voyeuriste. Comme l’indique Richard Drew, il ne s’agit pas d’une photo violente à proprement parler : il n’y a ni blessures apparentes, ni sang. Seule se dégage la résignation, voire le calme de cet homme, qui contraste avec la violence du geste.

Mémorial world trade center
Le mémorial dédié aux victimes du 11 septembre, surplombé par la tour One World Trade Center. Crédits : Maxpixel/ Public Domain Pictures

À la recherche de “l’homme qui tombe”

Cet homme illustre bien malgré lui nombre de tragédies intimes qui se sont jouées ce matin-là à New York. Faute de dépouilles, des familles ne savent toujours pas ce qu’il est advenu de leurs proches. Et au même titre que de nombreuses victimes, l’homme de la photo reste anonyme pendant de nombreuses années. Encore aujourd’hui, son identité n’est pas officiellement établie. Mais quelques pistes ont permis de formuler quelques hypothèses à ce sujet.

Pendant longtemps, il est supposé qu’il s’agit de Norberto Hernandez, travaillant au restaurant Windows of the World du 106e étage de la tour nord. Mais sa famille n’est pas sûre qu’il s’agisse bien de lui. Puis, le nom de Jonathan Briley s’impose peu à peu… Il travaillait également au Windows of the World en tant qu’ingénieur du son, et sa dépouille a été reconnue par son frère quelques jours après les attentats. Avec sa famille, ce dernier reconnaîtra également que Jonathan Briley portait souvent une chemise orange – que l’on peut apercevoir sur les photos de Richard Drew.

Gwendolyn (la sœur de Jonathan) valide elle aussi la ressemblance avec son frère. Mais rien n’est officiel : l’identité précise de cet homme ne reste que conjectures… Par ailleurs, elle déclare voir plus « un homme qui a pris sa vie en main pendant ces quelques instants », rappelant ainsi que le symbole porté par cet homme – bien malgré lui – est plus important que son identité.

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