in ,

Connaissez-vous l’histoire des coiffes bretonnes ?

Crédits : Wikimédia Commons / XIIIfromTOKYO

La culture bretonne ne manque pas de symboles, farouchement défendus par ce peuple d’irréductibles amateurs de beurre salé. Parmi eux figure notamment le costume traditionnel, et plus particulièrement  la célèbre coiffe bretonne. Si elle aujourd’hui essentiellement portée à l’occasion d’événements folkloriques, elle n’en reste pas moins importante dans l’identité bretonne. Elle est aussi la source de nombreux questionnements. D’ailleurs, pourquoi en existe-t-il plusieurs ? 

La fierté des origines

Première chose à savoir : il existe autant de modèles de coiffe que de cantons bretons ! En effet, la forme de cette dernière – et a fortiori le costume entier – dépend de l’origine de la personne qui la porte. Une coiffe de Quimper ne sera donc pas la même qu’à Concarneau ou à Pontivy. Cela explique la quantité importante de coiffes qui peuvent être répertoriées. Pratique pour savoir de quelle bourgade était issue telle ou telle personne, non ?

Saviez-vous que la coiffe était encore largement portée jusqu’à la fin des années 1940 ? Si celle-ci peut sembler être un objet du passé lointain, il n’en est donc rien. En vérité, elle a été très à la mode en Bretagne jusqu’à récemment – à l’échelle de l’Histoire du moins. Après avoir vu le jour au XVIIe siècle, la tradition de la coiffe évolue très rapidement. Elle se porte à partir d’environ 10 ans. Il en existe aussi des différentes selon les occasions : il y en a pour la vie de tous les jours et d’autres pour les cérémonies. Ces dernières bénéficient d’ornements plus fins et sont plus travaillées.

coiffe bigouden bretonne
Crédits : Wikimédia Commons/XIIIfromTOKYO

Pourquoi certaines sont-elles aussi hautes ?

Le modèle de coiffe le plus connu – visible sur la photo en tête d’article – est sans conteste celui de Pont-l’Abbé (dans le Finistère). Les versions diffèrent quant aux raisons pour lesquelles cette dernière est si haute, mais elles peuvent se compléter. La culture populaire veut que Louis XIV en soit la cause. Explication : en 1675, sa décision de lever de nouveaux impôts se heurte à la révolte des Bretons. Cette dernière est durement réprimée, et des clochers sont rasés en guise de répression. En signe de solidarité, les femmes auraient donc décidé d’augmenter la hauteur de leur coiffe, comme pour compenser la perte des clochers.

En parallèle, il est aussi dit que les coiffes de Pont-l’Abbé on pris de la hauteur suite à des rivalités, sur fond de coquetterie. Au début du XXe siècle, les jeunes femmes seraient en effet entrées en compétition afin de créer la coiffe la plus haute qui soit. C’est ainsi que dans les années 1940, certaines pouvaient atteindre une quarantaine de centimètres ! Qui sait jusqu’à quelle hauteur elles auraient pu monter si leur usage ne s’était pas raréfié par la suite ?

Devenue indissociable du folklore traditionnel, il  a même été suggéré que la coiffe bretonne soit intégrée au patrimoine immatériel de l’UNESCO, à l’instar du fest-noz (qui a obtenu ce statut en 2012). Toujours est-il qu’elle s’est imposée au fil du temps comme représentative du patrimoine breton, s’ajoutant par exemple à la gastronomie et à la beauté des paysages marins.

Source

Vous aimerez aussi :

Pourquoi le granit est-il rose en Bretagne ?

Des brasseurs bretons ont créé une bière à l’eau de mer

D’où vient le mot « plouc » ?

Connaissez-vous l’histoire des coiffes bretonnes ?
noté 5 - 3 vote[s]