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Pourquoi a-t-on toujours l’impression d’être dans la file d’attente qui n’avance pas ?

Crédits : Pixabay / aykapog

C’est souvent la même chose : au supermarché ou ailleurs, les files d’attente s’allongent parfois de façon interminable. À partir de ce moment, nous sommes nombreux à mobiliser beaucoup de notre capacité de réflexion pour ne pas nous mettre dans la file qui va nous faire perdre du temps… Pour finalement avoir l’impression d’avoir fait le mauvais choix. Alors, coup du sort ou mauvaise impression ? 

Notre perception joue un rôle primordial

Et d’ailleurs, ce sentiment ne se limite pas aux longues files d’attente de supermarché. On peut également l’éprouver à l’occasion d’embouteillages, dans les aéroports, aux guichets de parcs d’attractions et dans bien d’autres circonstances. Le sentiment est toujours le même : on a l’impression qu’une fois que nous sommes dans une file, celles d’à côté avancent tout d’un coup plus vite… Il est facile d’accuser la malchance dans ce cas, même s’il arrive quelquefois que nous choisissons “la mauvaise file”.

Nombreuses sont les études qui se penchent de manière sérieuse sur des sujets légers. La question en tête de cet article n’a donc pas fait exception à la règle, puisque des chercheurs de l’Université de Toronto (Donald Redelmeier) et de Stanford (Robert Tibshiran) s’y sont intéressés. Pour leur étude qui concernait les embouteillages, ils ont montré à 120 personnes une vidéo prise à l’intérieur d’une voiture. Cette dernière avançait dans un trafic saturé – lentement mais plus rapide que la file d’à côté.

embouteillage route voiture
Crédits : Pexels/ Aayush Srivastava

Changer de file d’attente ne sert à rien !

Il en est ressorti que les voitures d’à côté allaient plus vite selon 70 % des individus ! Et que 65 % d’entre eux auraient changé de file s’ils avaient été au volant. Selon Redelmeier et Tibshiran, cette illusion s’explique par le fait que la voiture se fait plus doubler par d’autres qu’elle n’en dépasse. Plus les conducteurs·rices regardent l’autre file, et plus la frustration et l’impression de se faire dépasser sont grandes. Et ce même si tout le monde avance à la même vitesse. En vérité, il apparaît que notre cerveau retient plus facilement les événements négatifs.

Voilà donc pourquoi celui-ci se concentre sur cette malchance apparente, augmentant ainsi le sentiment d’être “victime” de la situation. Ce sont autant de ressentis qui poussent plus facilement à changer de file ! Cela peut paraître contre-intuitif lorsque l’impression de ne pas avancer aussi vite que les autres nous agace, mais c’est une mauvaise idée. Ou avant de le faire, mieux vaut se poser la question suivante : la file d’à côté avance-t-elle vraiment plus vite, ou suis-je simplement frustré·e de ne pas pouvoir bouger ?

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